À la une ...

Choisir de devenir une mère, plus facile à dire qu’à faire!

1 655

Crédits : naissance-bebe.com

Quand on devient maman, on dirait que la vie s’arrête. Notre vie. Il faut la consacrer au nouveau-né. C’est correct : on l’a prévu, on l’a choisi… et le voilà qui arrive. Au secours!

Chez moi, l’instinct maternel n’a pas été inné. Mon premier réflexe quand j’ai appris que j’attendais un petit être humain? Qu’est-ce que je vais faire d’un bébé? Comment fonctionne cette petite chose? Est-ce que ça vient avec un mode d’emploi?

La réponse à la dernière, étonnamment, est OUI! Et Dieu merci! Apparemment, avant même que la progéniture se pointe le bout du nez, l’infirmière juge bon de nous instruire en nous remettant le Guide du bébé (mettre ici l’année de la naissance de votre cher poupon). Un superbe outil bien volumineux qui fait angoisser les futures mamans davantage. Ah oui parce que là-dedans, on prend soin de souligner que bébé doit boire telle quantité de lait, qu’il doit faire un nombre précis de pipis et de cacas dans une journée, qu’il devrait pleurer un nombre de minutes pile, et « bla bla bla ». On nous raconte également que si notre poupon ne se conforme pas à ces chiffres, c’est que quelque chose ne tourne pas rond. Quoique de plus merveilleux pour faire paranoïer une maman en devenir qui se demande justement comment s’y prendre avec cette petite ébauche d’être humain.

Mais déjà, je saute des étapes! Parce qu’avant l’arrivée de bébé, il y a la grossesse. Avant la grossesse, il y a la conception. Et encore avant tout ça, ça commence par LA discussion.

Chez nous, le besoin primaire de reproduction est d’abord apparu chez le mâle. Du jour au lendemain, il a décidé qu’il en avait assez de s’accoupler dans le vide. Il a donc fait comprendre à sa femelle que pour lui, le temps était venu.

La femelle en question avait quant à elle une tout autre vision des choses : rester belle et mince, profiter de sa liberté, ne pas accroître son éventail de responsabilités et rester centrer sur sa jeune personne insouciante.

Malgré son refus immédiat, femelle sait toutefois que le message est lancé et que mâle va, plus tard, ramener le sujet sur la table ou sur l’oreiller, selon l’endroit où il voudra discuter à ce moment précis. Femelle réfléchit donc à la question. Elle a peur, elle angoisse, elle se dit qu’elle n’aura pas le choix de se décider tôt ou tard.

Un jour, femelle a dépassé la mi-vingtaine, et l’idée ne lui semble plus aussi farfelue. Elle se demande toujours si elle est vraiment prête à abandonner sa liberté, mais elle conclut que même si elle repousse encore la reproduction, le résultat serait le même encore dans dix ans. Par ailleurs, femelle ne voulait absolument pas une grossesse à la mi-trentaine. Le temps était donc venu.

Un soir automnal (de semaine), après la vaisselle et avant une partie de hockey, j’ai donc entamé LA conversation.

— Je crois que je vais arrêter de prendre la pilule après Noël.

— Hein?

— La pilule. Je pense que je vais l’arrêter après Noël. Tu veux des enfants. Maintenant, moi aussi. Je veux qu’on commence à s’essayer après le temps des fêtes.

— Es-tu sûre?

— Oui.

— Ok!

Fin du premier acte. Sans blague!

Sachez que si cette discussion vous semble assez expéditive, j’y avais néanmoins réfléchi longuement. Si je tombais enceinte en janvier, j’accouchais en septembre. Je restais à la maison un an pour recommencer en septembre l’année suivante, ce qui était parfait comme « timing ».

Noël a passé. J’en ai profité pour bien fêter étant donné que j’allais devoir mettre la pédale douce sur les bonnes bouteilles pendant nos soupers en amoureux pour la prochaine année (drame!). J’ai terminé ma plaquette de pilules et je n’en ai pas racheté.

C’était bizarre. Une habitude qui dure depuis des années qu’on doit tout à coup laisser tomber. On y pense encore tous les soirs et chaque fois, on s’endort en ayant l’impression d’avoir oublié quelque chose d’important.

À première vue, ça peut paraître facile de faire des bébés. Tout le monde sait comment faire. Alors pourquoi quand on décide d’en vouloir un, ça prend une éternité? Selon moi, contrairement à ce que tous peuvent penser, concevoir un enfant n’est pas aussi simple qu’on le croit. Oui bon, plusieurs théories ont été élaborées sur le sujet : la cigogne, les choux, les abeilles et je ne sais quoi encore. Pour d’autres, « un papa + une maman = bébé ». Le spermatozoïde qui féconde l’ovule. Le pénis dans le vagin (disons les choses comme elles sont!) La bonne histoire! S’il ne fallait que ça, les femmes de ce monde n’angoisseraient pas tous les mois quand leurs règles se pointent alors qu’elles ont fait l’effort d’avoir des rapports incluant l’échange de fluides corporels tous les jours depuis la dernière fois que Dame Nature a apporté son petit cadeau mensuel!

Or, ce n’est pas comme ça que cela fonctionne. Avis à ceux qui croient savoir comment on fait les bébés. Ce n’est pas uniquement d’avoir des rapports sexuels non protégés! Cela nécessite un savant calcul mathématique et pour les filles qui, comme moi, sont nulles en mathématiques, c’est carrément compliqué!

Déjà, il faut connaître son cycle menstruel. Et c’est quand on commence à compter les jours entre nos règles qu’on se rend compte que ça arrive drôlement souvent! Une, deux et trois week-ends et hop… encore! Arghhh! Un autre mois sans bébé! Un, deux, trois… et hop encore! Et cela, pendant ce qui semble une éternité!

Et si ce n’était que cela! Il faut ensuite faire des soustractions! Eh oui, comme à la petite école! Soustraire 14 au nombre de jours que dure notre cycle. Déjà, je suis larguée! Moi, j’écris. Je ne compte pas. Parenthèse : ce n’est pas moi qui gère le budget familial! Revenons à nos moutons. On soustrait 14. Je vous entends déjà : « Une simple soustraction, ce n’est pas la fin du monde! ». Attendez! Cela, c’est encore si on a un cycle régulier. Sinon, le résultat de notre savant calcul n’est jamais le même et le résultat est pareil : larguée!

À un moment, il est possible que vous établissiez une constante et que vous réussissiez à vous retrouver. Bravo, vous savez maintenant quand faire l’amour avec votre homme!

Malgré tout, cela ne signifie pas que vous atteindrez votre objectif à court terme. Et évidemment, pendant ce temps, il semble que toutes les autres filles, elles, tombent enceintes. On voit des bedaines partout : à l’épicerie, au travail, au centre commercial, sur la plage, etc. Nos meilleures amies ont le temps d’accoucher deux fois pendant que nous, on se console en se disant qu’au moins, on peut encore boire pour oublier. Et v’lan, tout d’un coup, on se dit que ce n’est pas plus mal. Quand on a vraiment trop bu, on se met à pleurer parce qu’on est triste. Parce que notre amie qui est là, à ce moment précis, a son dernier rejeton avec elle et ça nous rappelle la réalité : on n’est toujours pas maman et on se fait vieille. Au moins, toujours à ce moment précis, on est saoule. Donc l’émotion passe et on se met à vomir. Finalement, c’est pareil comme une grossesse.

Et puis, on abandonne. Ou plutôt, on oublie. On laisse couler l’eau. On passe à autre chose (en attendant). On se concentre sur d’autres projets. On dilapide notre argent, on voyage, on fait la fête. Et on a du sexe à volonté parce que le futur papa, lui, ne croit pas nécessairement à notre fameuse formule mathématique. Mais ce n’est pas la même chose. On est en mode reproduction. On le fait par devoir. Fini le plaisir… Euh, « mettons »! N’empêche qu’on le fait avec quelque chose en tête. On pense à quelle position serait la plus adéquate, et à plusieurs autres détails dans lesquels je n’entrerai pas ici. Je mentionnerai seulement que cela se termine toujours de la même façon et surtout, au même endroit. Avis à ceux qui aiment les gâteries, c’est fini. F-I-N-I! On a besoin de vos soldats là où ça compte. D’ailleurs, faites attention à ce qu’il leur arrive quand vous êtes seuls. Il faut éviter le gaspillage.

Après encore des mois d’essais infructueux, la suite du calcul monstrueux apparaît comme la prochaine étape : la courbe de température! C’est là que j’ai été heureuse d’avoir fait des cours de mathématiques avancées à l’école secondaire.

Graphiques, données, analyses… ça vous paraît facile à vous de faire des bébés? Et il faut de la discipline! Chaque matin, en se réveillant et avant même la première urine, il faut prendre notre température. Ainsi donc, pendant un cycle, on recueille les données pour savoir exactement à quel moment a lieu l’ovulation. Au moins, c’est facile à remarquer : la température descend pour ensuite remonter. Sauf quand on a un mauvais rhume, ou quand on a trop bu la veille, ou quand il fait ultra chaud dans la maison parce qu’il fait trente degrés dehors et que le climatiseur est en panne, ou… donc même cette science n’est pas fiable.

Au moins, c’est là que j’ai eu de la chance : je n’ai pratiqué cette technique qu’un seul mois avant de réussir. Un vrai coup de bol. Je n’aurais pas pu en endurer davantage. Je hais les mathématiques, l’ai-je mentionné?

Bref, je n’ai pas eu à faire de test de grossesse : ma température n’a jamais rebaissé. J’étais donc enceinte. Enfin! Après dix mois de tentatives. Somme toute, je suis dans la moyenne. Je n’ai pas à me plaindre.

Reste que plus jamais je ne dirai que c’est facile de faire des bébés!

Marie-Eve Roy
A propos Marie-Eve Roy (10 Articles)
Détentrice d’un baccalauréat en communication publique, profil journalistique, Marie-Eve Roy est d’abord et avant tout une passionnée de l’écriture… et des chaussures, sans oublier les vêtements et la nourriture (oups, la nutrition!). Depuis quelques années, elle est aussi maman, rôle qu’elle assume avec joie et… beaucoup d’humour! Bien qu’elle ne travaille plus dans le domaine journalistique, elle continue d’être pigiste pour différents médias. Avec Femmes en revue, elle joint l’utile à l’agréable en regroupant toutes ses passions et intérêts au grand plaisir des lectrices.
Contact :Site web
SSL